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La gestion intégrée de l'eau par bassin

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La gestion intégrée de l'eau par bassin versant - GIEBV

Contexte et historique

Plusieurs constats sur l’état des ressources en eau au Québec et leur mode de gestion ont mené, vers la fin des années 1990, à l’idée qu’une réforme était nécessaire, et ce même si des investissements majeurs avaient été réalisés en assainissement municipal dans les années 1980. Les pratiques de gestion sectorielles alors appliquées avaient atteint leurs limites, de nombreux problèmes demeuraient non résolus, et il fallait, comme dans bien d’autres endroits dans le monde, changer nos pratiques en gestion de l’eau.

Les principaux constats en terme de lacunes de gestion alors identifiées étaient les suivants :

Bien que certaines avancées aient eu lieu au cours des dernières décennies, les principales problématiques concernant les ressources en eaux sont toujours présentes aujourd’hui. Il s’agit des suivantes :

De nombreuses conséquences découlent de ces problématiques, notamment des risques pour la santé humaine (contamination bactériologique), des coûts élevés de traitement de l’eau, la perte de services rendus par les écosystèmes (filtration de l’eau, éponge lors de crues, etc.), la perte d’usages (baignade, pêche, etc.), des dommages matériels, des problèmes de sécurité (inondations), et plusieurs autres.

Afin de pallier ces pratiques sectorielles et leurs conséquences sur nos vies, et puisqu'elles semblaient avoir atteint leurs limites, plusieurs recommandations ont été émises lors de la Commission d’études des problèmes juridiques de l’eau, mise sur pied en 1968, et de la Commission sur la gestion de l’eau du Bureau d’Audience publique sur l’Environnement en 1998. Pour faire suite à celles-ci, des politiques et des lois ont vu le jour et des actions ont été entreprises afin de réformer les pratiques de gestion et de gouvernance de l’eau au Québec. Les encadrés ci-dessous présentent un résumé de la chronologie des évènements.

Historique de la gestion intégrée de l'eau par bassin versant au Québec : chronologie des évènements

FermerOuvrir1972 - Dépôt du rapport de la Commission d’études des problèmes juridiques
sur l’eau (Commission Legendre)

FermerOuvrir1979 - Premiers balbutiements

FermerOuvrir2000 - Dépôt du rapport de la Commission sur la gestion de l’eau du Bureau d’Audience publique sur l’Environnement (rapport Beauchamps)

FermerOuvrir2002 - Adoption de la Politique nationale de l’eau (PNE)

FermerOuvrir2007 - Plan d'intervention sur les algues bleu vert 2007-2017

FermerOuvrir2009 - Adoption de la Loi affirmant le caractère collectif des ressources
en eau et visant à en renforcer la protection

Le bassin versant

Un bassin versant est l’ensemble d’un territoire drainé par un cours d’eau. Il est constitué des limites naturelles d’écoulement des eaux de surface. Ce sont les crêtes des montagnes et les dénivellations du terrain qui déterminent le sens d’écoulement des eaux, et ce faisant, les limites d'un bassin versant. On appelle généralement ces crêtes de montagne et dénivellations la ligne de partage des eaux. L’ensemble des eaux qui s’écoulent dans un même bassin versant finit par rejoindre le même point de sortie nommé «exutoire». Cet exutoire peut être un lac, une rivière, un fleuve, voire un océan, selon l’échelle de bassin versant considéré.

Figure 1. Représentation d'un bassin versant

Bassin versant

La gestion intégrée

La gestion intégrée est une approche qui cherche à inclure les intérêts, les ressources et les contraintes de l'ensemble des acteurs qui interviennent dans un même domaine plutôt que de considérer exclusivement les préoccupations et les responsabilités propres à chacun.

La gestion intégrée de l'eau est donc un mode de gestion qui tient compte de l'ensemble des usages qui ont un impact sur la ressource eau. Cette approche permet d'avoir une vision globale et de connaître les effets cumulatifs des activités sur la ressource eau et sur les autres usages de l'eau. Lorsque l'on considère les utilisations et les activités qui touchent l'eau de façon isolée, ces usages peuvent sembler avoir un effet négligeable sur la ressource, mais lorsqu'on les considère globalement, l'impact peut être majeur.

La gestion intégrée de l'eau par bassin versant

La gestion intégrée de l'eau par bassin versant est un mode de gestion qui tient compte de l'ensemble des activités qui ont un impact sur la ressource eau à l'intérieur du territoire naturel d'écoulement des eaux, le bassin versant. Ce mode de gestion permet également de considérer la capacité du bassin versant à supporter les usages de l'eau et d'obtenir une vision globale de ces usages afin de les préserver pour les générations futures. La mise en place de ce mode de gestion vise donc à :

L'organisme de bassin versant

En 2002, il y avait 33 organismes de bassins versants sous la forme juridique d’organismes à but non lucratif (OBNL), couvrant 25% du territoire québécois. Certains existaient déjà avant la mise en place de la politique alors que d’autres ont été créés au moment de son adoption. Il s’agissait alors des bassins versants des 33 rivières jugées prioritaires (figure 2). Suite à l’adoption de la Loi sur l’eau de 2009, l’ensemble du Québec méridional fut divisé en 40 zones de gestion intégrée de l’eau (figure 3), pour autant d’organismes de bassins versants reconnus (OBV). Ces zones de gestion intégrée pouvaient alors inclure plus d’un bassin versant.

Les points suivants décrivent brièvement ce qu’est un OBV et quel est son rôle.

Figure 2. Les 33 bassins versants prioritaires lors de l'adoption de la Politique nationale de l'eau en 2002

Bassin versant

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Figure 3. Les 40 zones de gestion intégrée de l'eau suite à l'adoption de la Loi sur le caractère collectif des ressources en eau et visant à en renforcer la protection en 2009

Bassin versant

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Le plan directeur de l'eau

Dans le cadre de la mise en place de la gestion intégrée de l’eau par bassin versant au Québec, le plan directeur de l’eau permet de structurer le processus et d’aider la prise de décision. Ce processus de planification, réalisé en concertation avec les acteurs de l’eau d’un bassin versant, se veut adaptatif, itératif et prospectif.

En effet, la gestion des ressources en eau nécessite une approche adaptative en raison de la constante évolution de l’état des ressources et des usages qui en sont faits à l’intérieur d’un bassin versant. Une gestion adaptative permet également de s’ajuster à mesure que l’on progresse dans le processus de planification afin de s’assurer que celui-ci nous permet d’obtenir les résultats escomptés.

Le processus est répété continuellement afin de mettre à jour l’information et d’ajuster nos pratiques en fonction des connaissances acquises.

Enfin, dans une optique de développement durable et afin d’assurer la pérennité des ressources en eau et des usages qu’on en fait, les acteurs de l’eau sont appelés à se projeter dans l’avenir afin de prévoir dès aujourd’hui l’état souhaité des ressources de demain, et donc, les actions à mettre en oeuvre pour y parvenir.

Les principaux éléments inclus au PDE sont les suivants :

Le plan directeur de l'eau est mis à jour en continu.

Les acteurs de l'eau

Qui sont les acteurs de l'eau?

Les acteurs de l'eau désignent l'ensemble de la population qui est en contact avec la ressource dans le cadre de son travail et/ou de ses loisirs. Les acteurs de l'eau se retrouvent donc dans différents milieux:

Table de concertation

Un processus concerté

Le processus du PDE est réalisé en concertation avec les acteurs du milieu par le biais de divers mécanismes participatifs (comité technique, table de concertation, consultation publique, etc.) mis en place par l’OBV. Le mécanisme principal est la table de concertation. Celle-ci doit être constituée, tout comme pour le CA de l’OBV s’il diffère de la table de concertation, en respectant la représentativité de la nature des activités dans la zone de gestion, c’est-à-dire entre les secteurs municipal, économique, communautaire et environnemental, puis autochtone. On qualifie ce mode de gouvernance de gouvernance participative.

Les acteurs interpellés prennent des engagements sur une base volontaire afin de réaliser le plan d’action. L’OBV, à titre de table de concertation, coordonne les différentes activités nécessaires à l’élaboration du PDE, à sa mise en oeuvre et à son suivi. L’OBV veille à ce que la logique de bassin versant soit respectée pour éviter les conflits d’usages et assurer la pérennité de la ressource.