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Cette page a été mise à jour le lundi 21 août 2017.

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Pauline Marquer

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Le Guide

La participation citoyenne et l’acceptabilité sociale

La participation citoyenne et la GIEBV

Le spectre de la participation citoyenne

3.3 Un exemple concret de démarche de participation citoyenne dans un OBV : Projet Idéaux de l’ABV des 7

ZOOM SUR LES OBV : OBV Exemple de démarche complète de participation citoyenne

ABV des 7 : L’ABV des 7 a élaboré, via le «projet IDeaux» (pour de l’information sur le projet complet, consultez le site internet de l’: ABV des 7 ), une démarche de participation citoyenne qui ressemble en tous points à la vision qu’a le ROBVQ d’une démarche d’intégration des acteurs de l’eau et de la population que ce dernier propose.

Voici les grandes lignes de la démarche et, pour plus de détails sur l’une ou l’autre des étapes, vous pouvez consulter l’OBV ou son site internet.

La démarche débute avec un événement majeur, une inondation, suite auquel la population et le milieu se sont mobilisés pour trouver une solution (nous retrouvons ici l’idée expliquée auparavant de tirer profit d’un moment fort de participation).

1e étape : pré-sélection, par la Ville de Gatineau, de trois cours d’eau potentiels ayant les critères requis pour être l’objet d’un projet. Un consultant en environnement est engagé afin de faire un choix éclairé. Le cours d’eau sélectionné, en l'occurrence le ruisseau de la Brasserie, a une grande importance pour le milieu, la ville et ses habitants et dans les dernières 15 années, plusieurs tentatives de projets pour améliorer un de ses aspects ont avorté.

2e étape :Le consultant en environnement et son équipe ne désire pas soumettre un nouveau projet. Il examine les précédents projets n’ayant jamais vu le jour et rencontre les acteurs ayant soumis ces projets et les acteurs ayant un quelconque lien avec ces projets ou avec le cours d’eau (on parle ici d’économie d'expérience , concept expliqué précédemment). Tous les types d’acteurs ont été rencontrés afin d’avoir la perception, l’opinion, les préoccupations et la vision de tous. Ces entretiens se sont fait sous forme d’entrevue en personne. Chacun des entretiens a été retranscrit de manière à pouvoir les étudier, les analyser et les comparer pour faire ressortir un consensus.

3e étape : Un consensus a finalement été dégagé des entretiens, donc des positions de tous les acteurs de l’eau. Cette convergence est sous-tendue par trois axes : un premier concernant le patrimoine culturel, un deuxième historique et un troisième écologique.

4e étape : Une représentation visuelle (ex. carte, maquette, outil technologique, etc.) est construite sous forme de maquette afin de regrouper les trois axes (un outil visuel facilement compréhensible pour tous, tout comme la cartographie des demandes sociales ou la cartographie des problématiques et potentiels. On réalise alors que le ruisseau représente le lien, l’élément structurant permettant une identité sociale nécessaire à l’émergence de la participation citoyenne.

5e étape : 5e étape : Les acteurs rencontrés précédemment sont rappelés et invités à participer à des ateliers d’échange à propos de l’avenir du ruisseau, ateliers surnommé le «Parlement du ruisseau». Le but est de les motiver, avoir leurs idées et leur montrer ce qu’ils peuvent en retirer. On constate l’émergence de nouvelles idées et on développe la structure d’un nouveau projet englobant avec les acteurs de l’eau plutôt que de leur proposer un projet déjà complètement réfléchi et planifié (voir les concepts d’accord initial, de reconnaissance de la légitimité de l’autre, d’ optimisation des échanges, de transfert de connaissances, de communauté d’apprentissages, de connaissance vs. REconnaissance).

Évidemment, les perceptions et les idées des participants sont vérifiées scientifiquement par un «diagnostic scientifique». Le «Parlement du ruisseau» comprend trois sous-comités : un exécutif chargé entre autres de la faisabilité et du budget du projet, le «Parlement» comprenant l’ensemble des acteurs et où sont fait les échanges, ainsi qu’un comité scientifique et de recherche qui s’assure de la crédibilité du projet et des vérifications scientifiques.

6e étape :Le «Parlement du ruisseau» est officialisé et devient une entité à part entière, avec une mission, des rôles et des objectifs, tous établis par les acteurs de l’eau eux-même. Pour l’instant l’OBV agit à titre de coordonateur du projet et des rencontres.

7e étape :Le résultat est un projet d’aménagement urbain satisfaisant pour chacun des acteurs de l’eau, dont l’acceptation et la mise en place s’en trouveront grandement facilités. Il suffit de le soumettre à un porteur de projet principal, dans ce cas ci la Ville de Gatineau, et de développer une procédure de mise en place par étapes, en concertation avec chaque acteur encore une fois. Un suivi des perceptions des acteurs pourra être effectué selon une procédure prédéterminée de manière à s’assurer que les différents acteurs de l’eau puissent continuer de s’exprimer à propos du projet.

Y a-t-il des échecs ou des points faibles?

Le plus grand point faible est, selon l’OBV, le manque de visibilité au niveau médiatique. La démarche a été faite, à savoir inviter les représentants des médias à diffuser la démarche, mais ça n’a pas fonctionné. Il est possible que cela soit du à 1-, un simple désintérêt du sujet ou 2-, au fait que par le passé plusieurs projets développés semblaient remplis de promesses alors que finalement rien ne s’est fait. Peut-être les médias sont-ils tombés dans une lassitude par rapport à ce type de nouvelles.

Un besoin d’une ressource en communication a été exprimé lors des ateliers avec les acteurs de l’eau et ce besoin devrait être comblé sous peu (ce qui nous ramène au concept d’interdisciplinarité des équipes de travail).

Quel est le plus grand succès?

Sans aucun doute la volonté politique. La Ville de Gatineau a été très enthousiaste dès le départ et il est évident que cela a facilité la démarche car sans appui politique, peu de projets de ce genre peuvent être menés à terme. C’est une fenêtre d’opportunité dont l’OBV a su tirer profit d’un moment fort de participation.

Ce genre de démarche est-elle exportable dans d’autres milieux ou contextes?

Bien que l’échelle idéale soit un petit territoire comprenant un type de milieu, comme dans ce cas ci un milieu urbain dans un sous-bassin, il est possible de penser que cette démarche est exportable sur un plus grand territoire et dans un autre type de milieu, par exemple agricole ou forestier. Il est même envisageable que ce soit fonctionnel à l’échelle du territoire complet d’un OBV. Il est toutefois plus facile de créer une identité et un sentiment d’appartenance sur un petit territoire.

Comment le projet s’insère-t-il dans le PDE?

La création d’un outil méthodologique détaillant une démarche de participation citoyenne comme celle-ci peut constituer une action en soi dans le PDE. De plus, chaque action attribuée à chaque acteur de l’eau pourra se retrouver dans le PDE et des signatures de contrats de bassin pourront être faites pour chacune d’entre elle.