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Cette page a été mise à jour le samedi 29 novembre 2014.

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Le Guide

La participation citoyenne et l’acceptabilité sociale

La participation citoyenne et la GIEBV

Le spectre de la participation citoyenne

4. Définition du spectre de la participation citoyenne

Toujours dans le but d’obtenir des engagements volontaires, équitables et durables, le mécanisme de participation idéal pourra varier en fonction des situations et des acteurs interpellés. De plus, dans le cadre de la réalisation des PDE, il est impératif de parvenir à une réelle participation citoyenne en mettant en place des canaux propices aux échanges en dehors des institutions formelles, qui profitent habituellement aux groupes influents bénéficiant d’avantages de ressources et/ou de pouvoir. Tous les intervenants n’auront pas non plus à s’impliquer de la même façon, notamment en raison de leurs objectifs et intérêts. L’idée même de participation peut varier selon les personnes ou les groupes, ce pourquoi on en discerne et utilise différents niveaux soit d’une implication limitée du participant jusqu’à un fort engagement (IUCN, 2010).

Ainsi, les mécanismes de participation citoyenne peuvent être vus sous l’angle d’un «spectre de la participation» où, de gauche à droite, le citoyen (ou l’acteur) assume une responsabilité de plus en plus grande, comme l’indique la figure ci-dessous. Au premier niveau se retrouve donc la simple information aux citoyens, puis à l’autre extrémité, se trouve un niveau de très fort engament dit «d’autonomisation» ou «empowerment».

Figure 4. Le spectre de la participation citoyenne

Spectre participation citoyenne

La participation dans le cadre de la gestion de l’eau doit induire un véritable engagement des parties prenantes par le biais d’un mécanisme prenant compte de toutes leurs contributions. L’OBV a donc pour rôle d’impliquer les citoyens de façon à les rendre imputables face à la ressource. De ce fait, l’information et la consultation sont considérées comme des mécanismes ne permettant pas l’atteinte de cet objectif. En effet, l’information étant un mode de communication unidirectionnel, elle ne permet aucune rétroaction. Pour ce qui est de la consultation, même si celle-ci permet davantage d’échanges, elle ne permettra une véritable prise en considération des perceptions et intérêts des acteurs que si elle est réalisée à une étape très préliminaire, ce qui n’est pas le cas selon le cadre de référence actuel. Une consultation de la population ne signifie pas nécessairement qu’il y aura effectivement prise en considération des contributions du public, ce pourquoi d’ailleurs il ne s’agit pas d’un mécanisme de participation qui insuffle suffisamment la confiance de ce dernier. Ces deux mécanismes peuvent tout de même être utiles dans le cadre d’activités visant la simple divulgation de données et peut-être un partage plus approfondi de celles-ci avec le public.

Aussi, un autre niveau pourrait être ajouté au spectre, soit celui de la persuasion qui serait placé devant l’information. En effet, à ce stade on tente plutôt de convaincre les acteurs d’accepter une solution, une décision ou un projet (Gangbazo, 2011). En utilisant des techniques de pression ou d’incitation, on s’éloigne donc ici grandement de l’idée de participation des citoyens et acteurs à l’élaboration et la prise de décision. D’ailleurs, il est bien rare dans le domaine de l’environnement que les processus de communication se contentent de simplement informer en permettant au public visé de comprendre, de vérifier les sources et de pouvoir juger par lui-même. La plupart du temps, on communique pour convaincre, persuader, faire adhérer. On cherche à transmettre des informations, mais aussi à modifier des comportements des attitudes et des valeurs (Beauchamps, 1997).

C’est à partir du troisième niveau du spectre, l’implication, qu’un apport substantiel du public aux processus décisionnels peut être réellement espéré. C’est effectivement lors de l’implication et de la collaboration qu’une véritable délibération autour des enjeux est possible et que les décisions sont formulées avec et pour le public. Même si le public ne prend pas nécessairement la décision finale, il a tout de même la possibilité d’influencer grandement celle-ci. Le dernier niveau, soit l’autonomisation, va plus loin en permettant la prise de décision finale par le public et le passage à l’action par ce dernier. Chacune des sections suivantes décrit donc dans le détail les niveaux du spectre susmentionné en définissant pour chacun les concepts associés, les objectifs dans le cadre de nos activités, et les outils disponibles. Le graphique qui suit combine à la fois les degrés de participation par le biais du spectre de la participation citoyenne de même et les éléments propres à chaque niveau. Les sections qui suivent détaillent chacun de ces aspects.

Figure 5. Le spectre de la participation citoyenne

Spectre participation citoyenne