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Collectivités leaders

Les collectivités des huit territoires suivants se sont engagées dans la Rés-Alliance. Accompagnées de leur organisme de bassin versant, elles travailleront, jusqu'en 2020, à mettre sur pied un plan d'adaptation aux changements hydroclimatiques, fonction des problématiques spécifiques les affectant. La démarche poursuivie permettra aux autres collectivités adhérant à la Rés-Alliance de s'inspirer du travail réalisé par ces collectivités dites leaders.

Rivière Sainte-Anne

Collectivité(s) engagée(s) :

Municipalité de Saint-Raymond

OBV accompagnateur :

Organisme de bassin versant : Rivières Saint-Anne, Portneuf et secteur La Chevrotière (CAPSA)

Description du territoire et des enjeux :

Au Québec, la municipalité de Saint-Raymond est l’une des plus régulièrement inondées. Depuis 1893, 70 inondations ont été répertoriées sur son territoire. Environ 2 250 Raymondoises et Raymondois résident en zone à risque d’inondation, soit près du cinquième de sa population. Plusieurs infrastructures se trouvent également dans cette zone, telles qu’une école primaire, deux garderies, cinq établissements pour personnes âgées, des institutions publiques comme l’hôtel de ville, un centre multifonctionnel, une caserne d’incendie et environ 100 entreprises et commerces.

En 2014, Saint-Raymond a connu l’une de ses plus importantes inondations. Des embâcles ont causé la sortie de la rivière Sainte-Anne à des niveaux historiques. Cette inondation a forcé l’évacuation de plus de 300 personnes et a causé des dommages évalués à près de quatre millions de dollars. En réponse à cette catastrophe, la Ville de Saint-Raymond, avec le soutien de l’organisme de bassin versant CAPSA, a invité ses citoyens à s’impliquer dans la recherche de solutions au sein d’un comité, devenu le Comité Rivière.

Depuis sa création, ce comité a travaillé à réduire les risques d’inondations. Il a notamment réalisé une corvée de nettoyage, effectué l’inventaire des sinistrés, contribué aux études des universités Laval et de Montréal et mis en place un système d’alerte téléphonique. Le Comité Rivière se joint maintenant à la Rés-Alliance afin de poursuivre ses travaux.

Rivière Bonaventure

Collectivité(s) engagée(s) :

Municipalités de Saint-Elzéar, Saint-Alphonse et Bonaventure

OBV accompagnateur :

Conseil de l'Eau Gaspésie sud (CEGS)

Description du territoire et des enjeux :

Prenant sa source dans les monts Chic-Chocs en Gaspésie, la rivière Bonaventure coule sur un parcours de 125 km jusqu’à la baie des Chaleurs, en majeure partie en territoire public. Dans sa partie aval, elle traverse trois municipalités dont les populations cumulent près de 4 000 habitants.

Haut lieu touristique, le territoire visé accueille chaque année plus de 20 000 utilisateurs qui pratiquent la pêche, la descente en canot-kayak, la baignade ainsi que plusieurs autres activités. Les abords de la rivière font aussi l’objet d’une forte demande tant pour des chalets saisonniers que pour des résidences permanentes. De façon parallèle, la population est davantage exposée aux perturbations du climat, particulièrement aux précipitations intenses qui s’avèrent de plus en plus fréquentes, occasionnant des crues subites à des périodes inhabituelles de l’année.

Cette situation a mené les intervenants de la rivière Bonaventure à élaborer un modèle de gestion mieux adapté en matière d’occupation humaine des rives, de récréotourisme et de qualité de l’environnement. Les aléas causés par les changements climatiques s’avèrent des enjeux de premier plan en raison des situations exceptionnelles qu’ils peuvent provoquer. Le projet a donc pour objectif de permettre l’intégration de mesures d’adaptation et de nouvelles façons de faire et vise tant la population que l’administration publique.

Torrents et rivière de montagne en Charlevoix

Collectivité(s) engagée(s) :

Municipalités de Baie-Saint-Paul et Petite-Rivière-Saint-François

OBV accompagnateur :

Organisme de bassin versant (OBV) Charlevoix-Montmorency

Description du territoire et des enjeux :

La situation géographique montagnarde de Charlevoix, où le milieu bâti et les infrastructures se situent souvent à flanc de montagne et au creux des vallées, conditionne à une vulnérabilité accrue face aux changements hydroclimatiques qui modulent déjà les réponses hydrologiques des torrents et des cours d’eau. Cette situation particulière se combine à des sols argileux et à une sismicité parmi les plus actives au Canada avec près de 180 séismes par année. Aussi, les communautés de Baie-Saint-Paul et de Petite-Rivière-Saint-François sont déjà bien au fait des défis et des frais que ces situations, parfois catastrophiques, peuvent engendrer.

Baie-Saint-Paul est une ville de près de 7 300 habitants située au cœur de la vallée du Gouffre qui s’ouvre sur le fleuve Saint-Laurent. La vitalité culturelle de la ville soutient une activité touristique de premier plan à laquelle l’agriculture et quelques initiatives industrielles se marient. Petite-Rivière-Saint-François est une municipalité de près de 750 habitants située à flanc de montagne et donnant sur le fleuve Saint-Laurent. Historiquement active en agriculture et en foresterie, son activité économique repose aujourd’hui essentiellement sur le tourisme.

Déjà proactives face aux risques naturels, les communautés de Baie-Saint-Paul et de Petite-Rivière-Saint-François s’engagent dans le projet de la Rés-Alliance afin de devenir des communautés leaders desquelles il sera possible de s’inspirer pour élaborer une démarche d’adaptation aux changements hydroclimatiques.

Rivière Chaudière

Collectivité(s) engagée(s) :

Municipalité de Beauceville

OBV accompagnateur :

Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC)

Description du territoire et des enjeux :

Reconnue depuis longtemps pour ses débâcles printanières, la rivière Chaudière subit maintenant une récurrence d’inondations à l’automne et à l’hiver. Ces inondations sont attribuables aux changements climatiques qui provoquent une plus grande fluctuation des températures hivernales et des pluies torrentielles à l’automne. En raison de l’imprévisibilité des inondations qui peuvent maintenant survenir à toutes les périodes de l’année, et non exclusivement au printemps, les mesures d’adaptation utilisées par les générations antérieures ne conviennent plus à la situation des riverains actuels.

Afin de diminuer le temps de réponse des intervenants et de la population en période de crue, le Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC), en partenariat avec plusieurs municipalités riveraines, a mis en place, en 2010, le Système de surveillance de la rivière Chaudière (SSRC). Cet outil permet d’alerter la population et les intervenants par l’envoi de messages textes et de courriels et de leur indiquer les mesures d’urgence prises ou à prendre lorsqu’une fluctuation du niveau de la rivière survient au-delà de certains seuils.

Toutefois, malgré cet outil, la rapidité avec laquelle la crue des eaux s’est produite en février 2016 à Beauceville (moins de deux heures) démontre que d’autres mesures d’adaptation doivent être envisagées.

Le COBARIC souhaite donc entreprendre une démarche d’adaptation et de renforcement de la résilience avec les intervenants et les citoyens de la municipalité de Beauceville.

Bassin versant Matapédia-Restigouche

Collectivité(s) engagée(s) :

Municipalités de Sayabec, Val-Brillant, Amqui, Lac-au-Saumon, Sainte-Florence et Matapédia

OBV accompagnateur :

Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche

Description du territoire et des enjeux :

La communauté de la Rés-Alliance du bassin versant Matapédia-Restigouche vise à créer un dialogue entre le secteur municipal et salmonicole. Présentement, sept municipalités situées près de la rivière Matapédia ont l’objectif d’atténuer les débits de pointe et la charge en sédiments provenant d'aires de drainage urbaines, et ce par un ensemble d'aménagements de gestion durable des eaux pluviales, tant au niveau résidentiel que municipal. Les crues soudaines plus fréquentes occasionnent des pressions sur les infrastructures municipales, mais également sur l’habitat du saumon. La rivière Matapédia est habitée de son amont à son aval. En 2008, une modélisation a démontré qu’un seul hectare de zone urbaine équivalait, en termes d’apport en phosphore, à cinq hectares de terre agricole pour le bassin versant du lac Matapédia.

La sédimentation affecte le taux d’émergence des alevins, la croissance et l’alimentation des juvéniles. La granulométrie du substrat est la variable physique la plus importante affectant la productivité de l’habitat. La Corporation de Gestion de la Rivière Matapédia et Patapédia, le Conseil de Gestion du Bassin versant de la rivière Restigouche, (deux organismes ayant pour mission la conservation du saumon atlantique et de son habitat) ainsi que sept municipalités riveraines de la rivière Matapédia (Sayabec, Val-Brillant, Amqui, Lac-au-Saumon, Causapscal, Ste-Florence et Matapédia) formeront le noyau de notre communauté.

Nous travaillerons ensemble pour établir une politique de la gestion des eaux de ruissellement dont le but sera de maintenir une cohabitation durable entre le saumon et les zones habitées de la rivière Matapédia en tenant compte des aléas des changements climatiques.

Bassin versant de la rivière Saint-Régis

Collectivité(s) engagée(s) :

Municipalités de Sainte-Catherine, Saint-Constant et Saint-Isidore

OBV accompagnateur :

Société de conservation et d'aménagement de la rivière Châteauguay (SCABRIC)

Description du territoire et des enjeux :

La rivière Saint-Régis est située dans la première couronne de développement au sud de Montréal, en Montérégie. Elle parcourt 19,2 km. Son bassin versant (92,7 km2) est principalement occupé par des activités agricoles (82%) et urbaines (15%). Près de 24 000 personnes habitent ce territoire naturel, fortement transformé par l’activité humaine. Elle rassemble cinq municipalités : Saint-Constant (46%), Saint-Isidore (25%), Saint-Rémi (24%), Sainte-Catherine (3%), Delson (1%) et Saint-Michel (0,2%), et deux MRC : Roussillon (75%) et Jardins-de-Napierville (25%).

La stabilisation des rives, la gestion des eaux pluviales et les inondations sont des problématiques importantes pour ce territoire. Étant donnée l’érosion rapide de cette rivière sinueuse dont l’embouchure est située en milieu urbain, le conseil de la Ville de Sainte-Catherine a démarré un projet d’avant-garde pour la stabilisation de ses berges afin d’assurer un équilibre hydrogéomorphologique de la rivière sur le long terme. Ce projet d’envergure, qui est réalisé en collaboration avec la MRC de Roussillon et le consultant Axio environnement, permettra de préserver la pérennité de cet espace naturel collectif, tout en protégeant les propriétés des citoyens, aux prises avec les impacts de l’érosion sur leur terrain.

Les analyses présentées dans l’Atlas hydroclimatique du Québec méridional indiquent une tendance à l’augmentation des crues hivernales à cause des rivières qui gèleront moins longtemps, des crues printanières moins importantes, des étiages plus prononcés en périodes estivale et automnale entrecoupées de crues soudaines durant des évènements de pluies torrentielles plus probables. Ces modifications hydroclimatiques devraient amplifier les trois problématiques déjà présentes sur le territoire.

Le contexte est favorable à la réalisation d’un projet d’adaptation aux impacts des changements climatiques. La SCABRIC a déjà établi des liens solides avec Saint-Constant, Sainte-Catherine, Saint-Isidore et la MRC de Roussillon, qui constituent la majorité du bassin versant.

Réservoir Beaudet

Collectivité(s) engagée(s) :

Municipalité de Victoriaville

OBV accompagnateur :

Organisme de concertation pour l'eau des bassins versants de la rivière Nicolet (COPERNIC)

Description du territoire et des enjeux :

Le réservoir Beaudet a été créé dans la rivière Bulstrode, dans les années 1970, pour régler un problème d’alimentation en eau. Il est encore aujourd’hui la principale source d’eau potable de la ville de Victoriaville. Il alimente 33 000 personnes ainsi qu’une grande industrie de transformation alimentaire. Depuis quelques années, le réservoir connait cependant des problématiques de sédimentation et d’eutrophisation.

L’érosion des berges et des terres agricoles et forestières par la rivière Bulstrode s’est trouvée amplifiée, ces dernières années, par des changements de pratiques culturales, ainsi que par des débits de pointe plus intenses et plus fréquents, ce qui a contribué à l’augmentation de la sédimentation du réservoir.

Soucieuse d'assurer la pérennité de sa principale source d'alimentation en eau potable, la Ville de Victoriaville a décidé d’opter pour une stratégie basée sur la protection et l’amélioration de la qualité de l’eau du bassin versant du réservoir. Les solutions proposées dans le cadre de cette démarche toucheront l’ensemble des usagers du bassin versant.

L’aménagement du territoire sera au cœur de cette démarche d’adaptation en raison des enjeux de qualité de l’eau potable et de modification des phénomènes hydriques par les changements climatiques.

Bassin versant de la rivière Coaticook

Collectivité(s) engagée(s) :

MRC de Coaticook (municipalités de Coaticook, Dixville, Compton et Waterville)

OBV accompagnateur :

Conseil de gouvernance de l'eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF)

Description du territoire et des enjeux :

La rivière Coaticook a connu des épisodes de pluies intenses dans les dernières années, notamment en juin 2015, ainsi que des embâcles en hiver ayant créé des dommages importants. Quatre municipalités se situent le long de la rivière Coaticook, Dixville, Coaticook, Compton et Waterville. Chacune d’entre elles subit les impacts des inondations, parfois directement par le débordement de la rivière Coaticook, mais aussi parfois à la suite d’une augmentation importante du débit dans un tributaire. Pensons notamment au ruisseau Pratt qui circule au Centre-ville de Coaticook et dont les dommages occasionnés sont importants.

Un phénomène a également été observé à la suite des inondations en juin 2015, soit la présence de cônes alluviaux. Les cônes alluviaux sont généralement alimentés par des petits bassins versants à forte pente. Il s’agit de systèmes particulièrement sensibles aux perturbations dans les régimes hydrologiques et sédimentaires et lorsque des infrastructures anthropiques s’y trouvent, elles peuvent subir des dommages importants sans toutefois avoir été identifiées vulnérables auparavant.

La vallée de la rivière Coaticook est reconnue pour son grand potentiel agricole, plusieurs producteurs et transformateurs font d’ailleurs la fierté de la région. Ces propriétaires de terrain font partie de ceux qui peuvent subir d’importants dommages en raison des coups d’eau, soit par l’inondation des champs, soit par l’érosion aux abords de la rivière, mais ne sont pas les seuls. Dans l’optique d’acquérir des connaissances plus approfondies sur la dynamique hydrique de la rivière, la MRC de Coaticook a accepté de participer techniquement et financièrement à un projet de recherche sur l’applicabilité de l’approche par espace de liberté en collaboration avec Thomas Buffin-Bélanger de l’UQAR, Pascale Biron de l’Université Concordia et Julie Ruiz de l’UQTR. Ce projet a permis d’entamer des discussions avec des groupes ciblées sur les perturbations climatiques. Grâce à la Res’Alliance, le COGESAF élargira la portée de ces discussions en ralliant la population plus globalement afin de travailler sur l’adaptation et la résilience face aux changements climatiques.