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Partage d'expériences

  • Entretien avec Pierre D'Amours - Maire de la Ville d'Amqui>>
  • Entretien avec Marc-Olivier Labelle - Maire de Saint-André-d'Argenteuil >>
  • Dans les coulisses - Congrès provincial sur la gestion des inondations >>
  • Communauté en vedette - Les acteurs du bassin versant de la rivière Saint-Régis >>
  • Entretien avec Serge Cyr - Ville de Victoriaville >>
  • Rencontre avec Myriam Beauchamp - Grand Conseil de la Nation Waban-Aki >>
  • Entrevue avec Daniel Dion - Ville de Saint-Raymond >>


  • Entretien avec Pierre D'Amours
    Maire de la Ville d'Amqui

    Des saumons qui fraient au centre-ville. L’image romantique de ce roi des rivières ne traversant que des eaux cristallines avec rien de plus à craindre que la mouche hameçonnée d’un pêcheur s’effondre devant cette réalité. À la vue des bouts de ville longeant la rivière et des rejets d’eaux pluviales dans le cours d’eau, des craintes peuvent s’animer. Le défi de cohabitation entre le saumon et l’Homme n’est pas uniquement une question de qualité d’eau, mais également de quantité. Encore cet été, la pluie a été rare dans la Matapédia. L’habitat du saumon en souffre, tout comme les prises d’eau potable et la croissance du foin. Vraisemblablement, la météo ne fait pas de cadeau dans l’immédiat, et ce que l’on sait du climat à venir n’indique pas un renversement de la tendance.

    En entretien téléphonique, M. Pierre D’Amours, maire de la Ville d’Amqui, nous partage sa vision d’Amqui dans un contexte d’adaptation aux changements climatiques.

    Rés-Alliance : Que voyez-vous des changements climatiques ?

    Pierre D’Amours:

    « Les changements climatiques nous préoccupent. Dans notre milieu, il faut que l’on concilie les enjeux climatiques aux enjeux de développement, notamment économique. Il faut que l’on fasse du développement avec une nouvelle approche et je crois que l’une des stratégies à adopter est de faire en sorte que chaque terrain gère ses propres eaux.

    Je vois ça comme une intégration du rural et de l’urbain. Un exemple concret est de faire du développement résidentiel en y conservant les milieux humides. Bref, adopter une vision de développement où l’on ne fait plus table rase de ce qui se trouve sur le territoire, où l’on part des caractéristiques du terrain. »

    Rés-Alliance : Comment avez-vous été sensibilisé aux changements climatiques ?

    Pierre D’Amours:

    « Étant fils de cultivateurs d’une famille de 14 enfants, je n’ai pas été particulièrement élevé dans ce que l’on appelle la société de consommation alors que les viandes et les légumes provenaient de la ferme. Ce n’est que plus tard que je l’ai connu. La quantité d’emballages que je voyais me faisait bien prendre conscience qu’on avait brisé la boucle, qu’on s’éloignait d’un modèle naturel. Ça me préoccupait et je voyais bien que l’on aurait du travail à faire pour rétablir cet équilibre. Aujourd’hui, je me sens concerné par ce que je vais laisser à mes enfants et je souhaite que l’on retrouve des milieux où l’on est en harmonie avec la nature et son climat. »

    Rés-Alliance : Votre municipalité participe à un projet de gestion durable des eaux pluviales avec son organisme de bassin versant. En tant que maire, quels apprentissages faites-vous de ce projet ?

    Pierre D’Amours:

    « Pour qu’une municipalité comme la nôtre décide de devenir leader dans ce domaine, il faut que ce soit fait en équipe. Il faut non seulement que les élus soient convaincus du projet et qu’ils représentent effectivement la population, mais on doit également être capable de bien argumenter, de bien partager le message pour s’assurer que toute la communauté accepte ce mode de gestion. Autrement dit, les citoyens doivent reconnaître qu’on prend ces décisions avec la préoccupation de ce qu’on va laisser à nos enfants. »


    Je n’aime pas donner des conseils, car on a tous nos propres contextes. Néanmoins, je pense qu’il faut chacun revoir la façon dont on voit le développement. Il faut prendre une pause et s’assurer qu’on ne fait pas de la gestion de court terme.


    Rés-Alliance : Quel conseil donneriez-vous aux autres communautés qui vous observent dans votre démarche ?

    Pierre D’Amours:

    « Je n’aime pas donner des conseils, car on a tous nos propres contextes. Néanmoins, je pense qu’il faut chacun revoir la façon dont on voit le développement. Il faut prendre une pause et s’assurer qu’on ne fait pas de la gestion de court terme. En fait, ce n’est pas tant un conseil qu’un défi de prendre une perspective plus large qui s’impose à nous et qu’il faut reconnaitre. »

    Rés-Alliance : Que souhaiteriez-vous que développe la communauté de pratique Rés-Alliance ?

    Pierre D’Amours:

    « J’ai confiance que les municipalités en périphérie des grands centres ont la capacité de faire du développement en harmonie avec la nature. J’aimerais donc voir davantage de confiance envers les gouvernements de proximité. Pour ça, je pense qu’on a le défi de trouver des éléments de sensibilisation à la beauté de notre milieu. J’aimerais que la Rés-Alliance contribue à cela. »

    Entretien avec Marc-Olivier Labelle
    Maire de Saint-André-d'Argenteuil

    Ancien membre des Forces armées canadiennes, Marc-Olivier Labelle a d’abord lutté contre les inondations de 2017 en emplissant des sacs de sable. Élu maire de Saint-André-d’Argenteuil à la suite de ces inondations, il doit maintenant s’assurer que les services offerts répondent aux besoins de la communauté. Depuis le début de son mandat, le rétablissement et la préparation aux inondations sont au centre de ses priorités. Il partage aujourd’hui son expérience et sa réflexion sur les interventions en zones inondables avec la communauté de la Rés-Alliance.

    « À Saint-André, la dernière inondation a mobilisé pendant six semaines le service de sécurité et de prévention des incendies et a causé la démolition de plus d’une trentaine de résidences. Comme plusieurs petites municipalités du Québec, notre service de sécurité est constitué de pompiers volontaires, à l’exception de son directeur. C’est grâce à leur dévouement et leur expérience que nous avons réussi à éviter le pire en 2017, mais le manque de données concernant l’historique des crues, la relation niveau-débit, la méconnaissance de la population et les infrastructures à risque ne nous ont pas aidés. »


    C’est d’ailleurs l’engagement qu’a pris la municipalité de Saint-André en joignant la Rés-Alliance : la priorisation des interventions en cas d’inondation.


    « On fait aujourd’hui face à des quartiers en zone inondable où des citoyens démolissent ou immunisent leur maison. Malgré l’ampleur des inondations de 2017 pour le Québec, le cadre n’a pas changé. On est allés au plus simple. Immuniser… le terme n’est vraiment pas bon en plus. »

    L’une des règles d’immunisation prévue à la politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables est qu’aucun plancher de rez-de-chaussée ne peut être atteint par la crue à récurrence de 100 ans.

    « L’immunisation s’est fait juste au-dessus de la cote 100 ans qu’on connaît actuellement. On ne l’a pas réévaluée. On n’a pas regardé voir c’était rendu où. C’est aberrant. On a fait monter des maisons, on a investi de l’argent public, on a dit à des gens qu’ils vont être corrects et puis, à la prochaine crue, ils risquent d’être inondés. »

    Dans la pratique, cette situation sur le terrain pose un défi certain pour le service municipal de sécurité.

    « Les espaces vides créés entre les maisons en raison des démolitions vont générer davantage de courants, voire de débris, rendant plus difficiles les évacuations. Les maisons restantes sont plus hautes, repoussant plus loin le moment de leur évacuation, dans des conditions plus difficiles. C’est un peu ordinaire, mais c’est la réalité. À l’envers de la résilience. C’est un peu comme pour un VUS; il va prendre le champ pareil, seulement plus loin. Tout ça génère un faux sentiment de sécurité avec lequel il va falloir gérer. »

    Malgré tout, la municipalité se prépare :

    « On marche entre deux mondes. Entre celui de la résilience et de ce qui se fait sur le terrain en termes de bâtiments. On tente de concilier la situation terrain avec des plans d’intervention terrain. Avec l’expérience que l’on a, ce que l’on a appris sur le tas, nos lectures, les congrès, on a déjà réalisé plusieurs actions. L’idée de l’achat groupé de 70 000 sacs de sable venait un peu d’ici. On a conclu des ententes avec les travaux publics des autres municipalités et pris contact avec une compagnie d’autobus dans l’éventualité qu’on ait besoin de leur équipement. On a acheté un bateau supplémentaire et adapté nos véhicules pour qu’ils puissent passer dans l’eau. Plus c’est planifié, plus c’est facile d'être en opération. »

    DANS LES COULISSES DE LA RÉS-ALLIANCE

    Dans les coulisses de la Rés-Alliance est une initiative vidéographique documentant le point de vue de différents acteurs recueillis lors d'événements organisés par la Rés-Alliance.


    RETOUR SUR LE CONGRÈS PROVINCIAL SUR LA GESTION DES INONDATIONS

    L'objectif du Congrès provincial sur la gestion des inondations était d'outiller les décideurs pour prévenir de nouvelles crises. Pour mieux comprendre les retombées de l'évènement, la Rés-Alliance a interrogé des participants de différents milieux.






    COMMUNAUTÉ EN VEDETTE

    LES ACTEURS DU BASSIN VERSANT DE LA RIVIÈRE SAINT-RÉGIS APPLIQUENT L'ANALYSE DE RÉSEAU SOCIAL

    Les acteurs du bassin versant de la Saint-Régis se sont réunis pour travailler sur la question de l'adaptation aux changements hydroclimatiques sur leur territoire. Cette vidéo propose d'explorer l'utilité de l'analyse de réseau social sur le terrain.



    Entretien avec Serge Cyr
    Directeur du Service de l’environnement
    Ville de Victoriaville

    Les citoyens de la Ville de Victoriaville peuvent se targuer de vivre dans une municipalité qui sort des sentiers battus pour assurer la pérennité de leur source d’eau potable. La Rés-Alliance a eu la chance de visiter celle-ci et d’y rencontrer M. Serge Cyr, directeur du Service de l’environnement de la Ville de Victoriaville lors d’une rencontre sur les projets collectifs de gestion de l’eau par bassin versant en milieu agricole.

    Par une journée pluvieuse, des dizaines d’agriculteurs ont répondu à l’invitation du Groupe conseils agro Bois-Francs pour se réunir dans la grange de la Ferme Schmucky. C’est la journée de lancement du projet collectif de gestion intégrée de l’eau du bassin versant de la rivière Bulstrode en amont du réservoir Beaudet.

    Ce long titre de projet illustre bien la complexité du défi qu’il adresse. Le réservoir Beaudet est en fait le réservoir artificiel aménagé dans la rivière Bulstrode et utilisé par la Ville de Victoriaville pour assurer plus de 50% de l’approvisionnement en eau potable. Le bassin versant en amont de ce réservoir est donc l’une des principales sources d’eau potable de la ville.


    « Dans ce bassin versant, on ne parle pas de petite agriculture. Le propriétaire qui nous accueille exploite plus de 1000 acres et il n’est pas le seul. »


    Il y aurait quelques 200 entreprises agricoles dans le bassin. À l’extérieur de notre lieu de rencontre (la grange), on expose de rutilants tracteurs munis des plus récentes technologies en matière de semoirs et de GPS. Outre cette exposition, les agriculteurs assistent à des présentations sur les bienfaits des cultures intercalaires, les avantages des couverts végétaux et les impacts de la compaction du sol. En d’autres mots, on leur fait la démonstration que la lutte à l’érosion est aussi bonne pour les affaires que pour l’environnement.

    Pour mieux comprendre les liens entre lutte à l’érosion en milieu agricole, protection de la source d’eau potable et l’adaptation aux changements climatiques, la Rés-Alliance a interviewé M. Serge Cyr, directeur du Service de l’environnement de la Ville de Victoriaville lors de cette journée.

    Rés-Alliance : Qu’entrevoyez vous de l’impact des changements climatiques?

    Serge Cyr:

    « Ce qu’on voit c’est que le fait d’avoir des grandes variations de débits, soit des sécheresses ou des débits extrêmes en rivière, fait en sorte qu’on a beaucoup plus d’érosion. Déjà, les débits de pointe sont 4 à 5 fois plus élevés qu’il y a quelques dizaines d’années et on ne s’attend pas à ce que ça s’améliore. »

    Que fait Victoriaville pour adapter son approvisionnement en eau à cette donne?

    On tente de s’organiser pour enlever et retenir les sédiments avant qu’ils arrivent à la prise d’eau. Nous avons un plan d’aménagement du réservoir, mais ce que l’on veut faire c’est de trouver des moyens de réduire la quantité d’eau qui arrive en rivière en la stockant à l’amont. Peut-être même réalimenter des milieux humides. Ainsi, on réduirait l’apport en sédiment au réservoir. Pour ça, on tente de faire notre part et de travailler avec le milieu forestier et agricole.

    On l’a vu avec les commentaires des agriculteurs lors de la journée. Ils veulent faire des choses comme enlever les sédiments en rivière mais le ministère de l’Environnement est totalement contre ça. Donc, en plus de participer au financement des plans d’accompagnement agroenvironnemental, on est en train de mettre en place un projet pilote pour essayer de voir l’impact du retrait par les agriculteurs de sédiments pour démontrer que c’est finalement une solution imaginable.

    Qu’est-ce que vous anticipez si rien n’est fait?

    Si rien n’est fait, on estime la viabilité de notre prise d’eau entre 5 et 7 ans en raison d’un mur de sable qui avance dans le réservoir vers la prise d’eau. La journée où ça va arriver, l’usine de filtration va recevoir beaucoup de sédiments et donc, elle va avoir de la difficulté à traiter l’eau. L’usine de filtration est très bien équipée, mais pas pour traiter de la vase.

    À terme, si le taux de sédiment augmente, la ville devra mettre en place des interventions pour soutirer plus de sédiments qu’elle a prévu retirer. Cela pourrait affecter le temps prévu pour retirer ces sédiments car celui-ci n’est pas illimité en raison de différentes contraintes environnementales et si nous avons trop de sédiments nous serons dans l’obligation de prolonger la période d’extraction des sédiments ce qui n’est pas souhaitable.

    Est-ce que la vue du réservoir nous permet de saisir la dynamique du problème?

    Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’immensité du plan d’eau est trompeuse. Cet été, un pédalo est resté pris en plein milieu du réservoir et ça a nécessité l’intervention des pompiers pour le sortir de là.

    On y trouve aussi beaucoup d’algues et de plantes aquatiques dont la croissance est encouragée par la pollution diffuse provenant du bassin versant.

    Avant, il y avait beaucoup de planches à voile, mais maintenant les planchistes restent pris en plein milieu. On voit qu’il va falloir rapidement poser des actions parce que ce n’est pas seulement l’eau potable, mais également une perte en terme de milieu de vie.

    Quel est votre conseil pour les autres municipalités?

    Je pense que le mot d’ordre est qu’il faut tous travailler ensemble pour faire en sorte d’avoir une meilleure qualité d’eau, de réduire les débits en rivière. Le lien est direct entre les deux.

    C’est aussi là que c’est pas facile, car tout le monde a ses propres objectifs, mais c’est aussi là notre plus grand défi.

    Crédit photo réservoir Beaudet : Ville de Victoriaville



    Discussions autour d'une démarche d'adaptation
    Rencontre avec Myriam Beauchamp
    Chargée de projets au Grand Conseil de la Nation Waban-Aki


    Le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki, en collaboration avec l’Institut de Développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL), ainsi qu’avec le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques (MDDELCC), a mis sur pied un plan d’adaptation aux changements climatiques pour les communautés des Premières Nations d’Odanak et de Wôlinak. Il s'est joint à la Rés-Alliance alors qu'il entame la mise en oeuvre de ce plan. Marc-André Demers, animateur de la Rés-Alliance est allé à la rencontre de Myriam Beauchamp, chargée de projets au Grand Conseil de la Nation Waban-Aki, pour discuter de leur démarche d'adaptation.



    Entretien avec Daniel Dion
    Maire de Saint-Raymond

    Le 8 mai dernier, dans son introduction au conseil municipal de la Ville de Saint-Raymond, le maire Daniel Dion disait compatir avec tous les citoyens du Québec aux prises avec les inondations. Si Saint-Raymond a été épargnée cette année, le dossier «inondation» demeure ouvert. Marc-André Demers, animateur de la Rés-Alliance a rencontré le maire et recueilli ses propos.

    « Le maire que j’ai remplacé, celui qui avait fait les digues, disait qu’il n’y en aurait plus d’inondations, que c’était réglé. Pourtant, un an après mon entrée en fonction, digues ou pas, Saint-Raymond était à nouveau inondée, mais cette fois-ci à cause des glaces. Aujourd’hui, je ne dis pas qu’il n’y aura plus d’inondations, mais que ce sera différent. À chaque bassin versant ses inondations et, à chaque inondation, ses particularités. C’est ce que moi j’ai appris. Ça et comment les gérer en continu. »


    « À chaque bassin versant ses inondations et, à chaque inondation, ses particularités. C’est ce que moi j’ai appris. Ça et comment les gérer en continu. »


    Un cercle vicieux à reconnaître

    « Il faut le reconnaître, les inondations ont un effet très important sur la valeur des résidences. Ici, des maisons qui se vendaient 150 000 $ se vendent maintenant 90 000 $. Et qui achète ces maisons ? Des gens qui ont moins d’argent, souvent des familles. Ils ne pensent plus aux inondations et la journée où trois pieds d’eau se retrouvent dans le sous-sol, ils ont tout perdu. Et l’aide financière aux sinistrés ne change pas la donne, au contraire, puisqu’elle est conçue pour les plus démunis. À la longue, on se retrouve avec des gens de plus en plus vulnérables.

    Comme municipalité, on est pris avec cette réalité là. D’un côté, certains décident de vendre ou encore de prendre l’indemnisation de perte totale et de vendre le terrain à la ville pour 1 $, pour que personne ne puisse s’y rebâtir. De l’autre côté, certains veulent rester coûte que coûte et ils se rebâtissent en adaptant leur construction : ils ne font pas de sous-sol et relèvent leur maison. À mon avis, petit à petit, d’ici 50 ans peut-être, la moitié des gens seront soit partis, soit reconstruits. »

    Un défi à relever

    « Pour une municipalité, pour un maire, une inondation, ça épuise. Tu regardes les prévisions, tu te couches le soir et tu imagines le pire. Doit-on s’énerver ou pas ?

    Le jour venu, tu es debout aux petites heures. Les journalistes t’appellent à 6h00 le matin et toi, tu veux être là. Tu veux dire les bonnes affaires et rassurer ton monde. Après ça, tu n’as qu’une envie, celle de fermer les livres.

    Pourtant, il reste encore beaucoup à faire si on ne veut pas se retrouver dans la même situation la prochaine fois. On ne peut pas juste tout reconstruire comme avant, en espérant que ça ne revienne plus. Des évènements comme ceux-là, il y aura de plus en plus.

    On a donc décidé de garder le dossier ouvert. »


    « Il reste encore beaucoup à faire si on ne veut pas se retrouver dans la même situation la prochaine fois. On ne peut pas juste tout reconstruire comme avant, en espérant que ça ne revienne plus. »


    Une approche de gestion intégrée

    « On a décidé de gérer le dossier avec notre organisme de bassin versant et en ralliant des citoyens et des experts. De plus, maintenant, je considère toujours qu’une partie de mon budget est réservée aux inondations.

    On a d’abord formé un comité de citoyens, duquel j’apprends beaucoup. On les écoute et eux aussi ; c’est un apprentissage mutuel. Ils nous ont aussi beaucoup aidé politiquement. Ils ont déposé une pétition au député qui a ensuite pris l’engagement de nous amener rencontrer le ministère. Aujourd’hui, au ministère, ils sont prêts à défendre notre dossier. Notre plus grand défi, c’est de maintenir cette flamme, de faire en sorte que tout le monde reste animé.

    Lors de la première rencontre du comité de citoyens, on parlait uniquement de creuser la rivière. C’est là que l’organisme de bassin versant, la CAPSA, est intervenu. Il nous a donné des formations sur la dynamique des bassins versant, sur la gestion des risques, sur les zones inondables. Ça a permis de faire évoluer nos façons de voir et de faire. Aujourd’hui, on sait que l’on doit régler nos problèmes en composant avec la nature, sans essayer de se battre contre la rivière. Elle est là. Qu’est-ce que l’on peut faire avec ? »


    « Aujourd’hui, on sait que l’on doit régler nos problèmes en composant avec la nature, sans essayer de se battre contre la rivière. Elle est là. Qu’est-ce que l’on peut faire avec ? »


    Et ailleurs au Québec …

    « Je crois que les municipalités qui ont des problèmes d’inondation doivent se prémunir, elles doivent maintenant et constamment garder leur dossier ouvert. Je crois également que notre expérience porte ses fruits et que d’autres pourraient s’en inspirer. Dans tous les cas, nous poursuivrons notre démarche. C’est certain que personne ne se souhaite une inondation. Mais, c’est quand même agréable de se sentir prêt. »