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Comprendre les risques

Crue ou inondation ?

LA CRUE est un phénomène naturel qui correspond à une augmentation du débit, et donc du niveau d’eau d’un cours d’eau. Les crues peuvent être plus ou moins fortes en fonction des années.

On voit généralement les cours d’eau en crue au printemps, lors de la fonte des neiges, mais celles-ci peuvent avoir lieu à tout moment de l’année.

Lorsqu’un cours d’eau déborde en zone habituellement sèche (en zone inondable), on parle alors d’INONDATION. Le cours d’eau sort alors de son lit mineur, pour atteindre son lit moyen ou parfois, lors des grandes inondations, son lit majeur. Tout comme les crues, les inondations surviennent plus souvent au printemps, mais elles peuvent se produire à tout moment de l’année.

Image illustrant le débordement d'une rivière hors de son lit mineur

Une crue centennale se produit-elle tous les 100 ans ?

Statistiquement, une crue centennale a une chance sur cent de se produire chaque année. Selon la même logique, une crue décennale a une chance sur dix de se produire chaque année et ainsi de suite. La crue centennale est donc plus rare, mais il n’est pas impossible qu’elle se produise deux fois en cinq ans, par exemple. Plus une crue est rare, plus son intensité est grande (débit, hauteur d’eau) et donc, plus les dommages que causerait une inondation peuvent être importants.

Quel type d’inondation vous concerne ?

Au Québec, on peut observer plusieurs types d’inondations, les plus fréquentes étant les inondations en eau libre et les inondations par embâcle. Celles-ci ont des origines différentes.

LES INONDATIONS EN EAU LIBRE se produisent lorsque le débit de la rivière, et donc le niveau d’eau, augmente, ce qui provoque un débordement. De fortes pluies ou la fonte des neiges provoquent souvent ce type d’inondation. Les cartographies traditionnelles sont généralement valides pour identifier ces zones inondables. La plupart des réglementations municipales se basent sur ces cartographies.

➢ Ces inondations peuvent être le résultat d’une crue éclair, faisant suite à de fortes pluies sur une courte période de temps. L’eau n’arrive alors pas à s’infiltrer dans le sol, ce qui provoque, rapidement, une inondation. Ce type de crue affecte plus souvent les plus petits bassins versants ou les milieux urbains. ( Référence)

➢ Elles peuvent aussi faire suite à la fonte des neiges au printemps, parfois combinée à de la pluie et une saturation du sol en eau. Dans ce cas, le niveau de l’eau montera plus lentement, mais pourra également mener à une inondation.

LES INONDATIONS PAR EMBÂCLE se produisent lorsque de la glace ou des débris (essentiellement du bois) s’accumulent dans une section de la rivière, empêchant l’eau de suivre sa trajectoire. Ces embâcles font refouler l’eau vers l’amont, ce qui peut provoquer un débordement. Soudaines et difficiles à prévoir, ces inondations se caractérisent par un niveau d’eau qui peut s’élever de plusieurs mètres en quelques minutes. Les périodes de redoux hivernaux, les précipitations de neige ou de pluie, la déstabilisation du couvert de glace et l’augmentation du débit peuvent être des facteurs favorisant les embâcles. Seules les cartographies appelées hydrogéomorphologiques permettent d’identifier les zones à risque d’inondation par embâcle.

Plusieurs facteurs peuvent influencer la quantité d’eau qui atteint un cours d’eau, et donc les inondations. Environnement Canada précise toutefois que la quantité de précipitations (neige et pluie), la nature et l’état du bassin versant ainsi que le climat sont des facteurs importants expliquant les inondations au Québec.


Le saviez-vous ?

Les cours d’eau sont dynamiques, ils ont leur espace où ils se déploient dans le temps. En effet, au rythme de l’écoulement de l’eau et des crues, le tracé des cours d’eau se transforme. Ce sont des processus naturels. Par exemple, les méandres peuvent se déplacer, les berges peuvent s’élargir. Être conscient de cette dynamique aide à mieux comprendre et à mieux vivre avec le cours d’eau.

Pour en savoir plus :

Why Do Rivers Curve ?
Film d’animation sur la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations
Cours d'eau et changements climatiques | Conférence de Thomas Buffin-Bélanger, Université du Québec à Rimouski

Les territoires urbanisés de plus en plus vulnérables

La manière dont se sont développées nos collectivités près des cours d’eau a rendu l’être humain plus vulnérable face aux inondations. Cependant, une bonne connaissance du phénomène d’inondation ainsi que de ses vulnérabilités contribue considérablement à réduire les dommages liés aux inondations.

Pour bien saisir les liens qui existent entre urbanisation et inondations, il faut d’abord comprendre comment l’eau circule sur le territoire, à l’échelle des bassins versants.

Un bassin versant, qu’est-ce que c’est ?

Imaginez un territoire où toutes les précipitations (neige et pluie) s’écoulent plus ou moins rapidement vers un même lieu, où se forme un cours d’eau (lac, rivière, fleuve). De manière simplifiée, voici ce qu’est un bassin versant !

Les limites des bassins versants sont définies par ce qu’on appelle les lignes de partage des eaux (ou lignes de crête). Délimités par des frontières naturelles, ils sont donc indépendants des divisions administratives. Ils sont alimentés en eau par les précipitations, la fonte des neiges et les réservoirs phréatiques. Leur forme, leur taille (plus grand ou plus petit), leur type de sol (meuble, rocheux, argileux, etc.) et leur topographie influencent la quantité d'eau et la vitesse à laquelle les précipitations atteignent le cours d’eau.

Visionnez un court vidéo explicatif

Ainsi, chaque bassin versant a des particularités hydrologiques et géographiques qui lui sont propres. Par exemple, le sud du Québec est caractérisé par des terres basses et est ainsi plus susceptible aux inondations. Plus densément peuplé, ce territoire est également plus vulnérable.

Bien qu’une multitude de facteurs puisse expliquer une inondation, on sait aujourd’hui que le développement et l’urbanisation en ont augmenté les risques. Pourquoi ? Entre autres parce que…

➢ Le développement des villes a entrainé une imperméabilisation des sols par la création de routes, de stationnements et d’infrastructures. L’imperméabilisation des sols force l’eau à ruisseler en surface, alors qu’elle pouvait auparavant s’infiltrer dans le sol à ces endroits. L’eau se retrouve alors plus rapidement dans les cours d’eau. De même, l'urbanisation a aussi entrainé la destruction de larges superficies de milieux humides, alors que ces derniers jouent un rôle dans la rétention de l'eau et peuvent contribuer à réduire les risques d'inondation.

Pour en savoir plus sur l'imperméabilisation des sols

➢ Les constructions se rapprochent - et sont installées - en zones à risque d’inondation, rendant les habitations plus vulnérables.

Pour en savoir plus :

Urbanisation et zones inondables : Entrevue avec Isabelle Thomas

Les changements climatiques ont-ils un impact sur les inondations ?

Le lien entre les inondations et les changements climatiques peut être difficile à concevoir, et complexe à comprendre. Pourtant, les scientifiques reconnaissent aujourd’hui que les changements climatiques existent et qu’ils modifient le cycle de l’eau, et donc qu'ils ont un impact sur les inondations.

L’impact qu’auront les changements climatiques à l’échelle locale est encore difficile à prévoir avec précision. Les impacts des changements climatiques sur les inondations varieront d’ailleurs d’une région à l’autre au Québec, mais, globalement, une augmentation de ce phénomène en fréquence et en intensité, est à prévoir. (Référence)

Quelques exemples de changements observés sur le cycle de l’eau depuis les 100 dernières années en Amérique du Nord (Référence):

Qu'en est-il pour votre région ?

Visitez le site de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) pour en identifier les caractéristiques et vulnérabilités particulières de votre région aux changements climatiques:

Explications grand public

Explications public expert

Vous pouvez également consulter l’Atlas hydroclimatique du Québec qui propose une synthèse des impacts attendus des changements climatiques sur le régime hydrique pour le Québec méridional.


Selon les modèles climatiques, les impacts attendus des changements climatiques sur le régime hydrique sont (Référence):

De même, il est attendu que les changements climatiques augmenteront la fréquence des redoux hivernaux et, en conséquence, amplifieront la variabilité des débits et modifieront le régime des glaces dans les cours d'eau.

Les inondations exceptionnelles du printemps 2017 sont-elles reliées aux changements climatiques ?

Ouranos répond à la question