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Êtes-vous à risque ?

D'abord : qu'est-ce que le risque ?

Le risque n'est pas un certitude, mais bien une probabilité d'être touché par un aléa. Ainsi, en contexte d’inondation, habiter dans une zone à risque indique que les probabilités d’être inondé sont plus grandes. Inversement, habiter en dehors d’une zone à risque ne constitue pas une certitude d’être à l’abri des inondations, mais indique que les probabilités sont beaucoup plus faibles.

Scientifiquement parlant ...

Le niveau de risque peut être mesuré en fonction des caractéristiques de l’aléa (par exemple, l’intensité du phénomène, sa durée, l’espace touché et sa période d’occurrence, c’est-à-dire la saison et le moment de la journée) et de la vulnérabilité du milieu. Ces deux paramètres permettent d’estimer le niveau de risque, et d’anticiper l’ampleur des dommages.

RISQUE = ALÉA x VULNÉRABILITÉ

Par exemple, une inondation dans une zone inhabitée ne constitue pas un risque, car ce milieu n’est pas vulnérable sur le plan humain. Au contraire, une inondation dans une zone densément peuplée constitue un risque plus fort, car on y retrouve plus d’éléments vulnérables. C’est le cas de la partie sud du Québec qui est plus densément peuplée. Dans le même ordre d’idées, une communauté où les services essentiels sont en zone inondable sera plus vulnérable aux inondations.


Une vulnérabilité variable

Toutes les personnes exposées aux inondations sont considérées comme vulnérables. Toutefois, la vulnérabilité de chaque personne et de chaque famille face aux inondations peut varier. Par exemple, si vous habitez avec de jeunes enfants, si vous habitez seul, si votre mobilité est réduite, si vous êtes une personne âgée ou si vous sous-estimez les risques liés aux inondations, vous êtes probablement plus vulnérable, et donc plus à risque de subir des dommages. Vous pouvez toutefois vous préparer pour réduire au maximum votre vulnérabilité ! N’hésitez pas à demander du soutien à votre entourage (amis, voisins, famille) et auprès du CLSC.

Habitez-vous en zone à risque ?

Si votre terrain a déjà été inondé par le passé, il est probable que vous habitiez en zone inondable.

Cependant, gardez en tête que, même si vous n’avez jamais été inondé depuis les 100 dernières années, il est quand même possible que vous habitiez en zone inondable. Les changements climatiques et le développement des villes ayant modifié la structure de l’écoulement de l’eau, il est possible que les zones inondables aient changé.


Dans tous les cas, la meilleure façon de savoir si vous habitez en zone à risque est de contacter directement votre municipalité.

Au Québec, ce sont les MRC et les municipalités locales qui ont la responsabilité de déterminer les zones à risque sur leur territoire. Informez-vous auprès de celles-ci.

TROUVER UNE ZONE INONDABLE

Vous pouvez consulter le site du Centre d’Expertise Hydrique du Québec (CEHQ) pour consulter les cartes des zones inondables au Québec. À noter : les cartographies des zones inondables ne sont pas toutes disponibles en ligne. Contactez votre municipalité pour avoir les informations les plus à jour.

Le saviez-vous ?

Deux programmes gouvernementaux ont permis de cartographier plusieurs zones inondables au Québec : le Programme de cartographie (1976-2001) et le Programme de détermination des cotes de crues de récurrence de 20 ans et 100 ans (1998-2004).

Toutefois, ces cartographies ne permettent pas d’anticiper les inondations par embâcles. Elles permettent plutôt d’identifier les inondations en eau libre.

Plus récemment, certains secteurs ont été cartographiés selon l’approche hydrogéomorphologique, une méthode qui permet d’anticiper à la fois les inondations en eau libre et les inondations par embâcles. Les rivières Matane, Yamaska Sud-Est, De la Roche, Bonaventure et de la Fourche ont notamment été étudiées selon cette méthode.

À quoi s’attendre ?

Bien entendu, chaque inondation est unique et peut occasionner des impacts différents au sein des communautés, et ce, dépendamment de l’inondation et des capacités des personnes et communautés à s’y adapter. Comme les crues et les inondations font partie de la réalité québécoise, il faut apprendre à bien s’y adapter.

Les inondations se manifestent à différentes intensités et de différentes manières, selon les années et les régions du Québec. Certaines crues exceptionnelles ont marqué l’actualité : le déluge du Saguenay en 1996 les inondations à Saint-Jean-sur-Richelieu en 2011 ou les inondations du printemps 2017 au Québec. D’autres inondations sont moins intenses, mais plus récurrentes : pensons à la rivière Chaudière ou à la rivière Sainte-Anne qui sortent généralement de leur lit à tous les ans ou même plusieurs fois par année.

Une inondation peut se produire rapidement. L’eau peut alors monter de plusieurs mètres en quelques heures (crues éclairs), vous donnant peu de temps pour réagir. Une autre peut survenir plus lentement, et sur une plus longue période de temps. Certaines inondations ont lieu la nuit, alors que d’autres sont en plein jour.

De plus, bien qu’elles soient plus fréquentes au printemps, les inondations peuvent survenir à tout moment de l’année, même en hiver ! Pour bien se préparer aux inondations, il faut donc à la fois apprendre à connaître votre rivière ainsi que votre territoire et vous préparer à plusieurs éventualités.













Se fier aux événements passés…

Afin d’en savoir plus sur les inondations qui pourraient survenir sur votre territoire, vous devrez prendre le temps de vous informer sur l’historique des inondations qui ont eu lieu par le passé. Discutez avec la ville et vos voisins.

… tout en considérant les changements futurs

Les changements climatiques impactent le cycle de l’eau et auront une influence sur les inondations au Québec. Leur impact variera d’une région à l’autre au Québec, mais, globalement, une augmentation de ce phénomène en fréquence et en intensité, est à prévoir.

Pour en savoir plus sur les changements climatiques en lien avec les inondations, cliquez ici.

En bref !

Comme les inondations sont intimement liées avec l’utilisation du territoire et la science du climat (météo), il est difficile de prévoir les périodes exactes et les intensités des inondations pour les prochaines années. Les changements climatiques accroissent également les incertitudes par rapport au phénomène d’inondation au Québec.

L’être humain ne peut pas exercer un contrôle absolu sur les rivières. Il faut donc apprendre à vivre avec des incertitudes, et surtout mettre sur pied les meilleures solutions pour devenir le plus résilient possible.

Une communauté bien préparée sera plus en mesure de bien réagir au moment et après l’inondation. Même si vous ne connaissez pas le moment exact de la prochaine inondation, vous pouvez mettre sur pied des mesures de prévention. Simples à réaliser, ces quelques préparatifs vous éviteront certainement des dommages reliés aux inondations.

Et les dommages ?

Mieux vous serez préparé au risque d’inondation, plus vous serez en mesure de bien réagir pour réduire les dommages.

Plusieurs types de dommages peuvent être reliés aux inondations. On parle souvent de dommages en lien avec les biens matériels (perte d’aliments, médicaments, objets, meubles, etc.) ou le bâtiment. Savoir quoi faire avant l’inondation permet de limiter ces dommages. Il ne faut pas négliger non plus les impacts des inondations sur la santé physique et psychologique.

Tel qu’expliqué par l’Institut national de santé publique du Québec, « parmi les impacts relevés par la littérature scientifique, on compte notamment les décès, les blessures et les intoxications, les maladies gastro-intestinales, la détresse psychologique, tout comme d’autres types d’impacts, dont l’achalandage des urgences hospitalières » .

Pour en savoir plus:

Site Internet Mon climat, ma santé
Inondation du Richelieu : impacts psychosociaux et adaptation

Les inondations peuvent aussi avoir des répercussions sur les infrastructures (routes, ponts, etc.), le milieu agricole dont les terres sont inondées, l’économie, le tourisme et les écosystèmes.