Savon de Marseille

Édition du 7 avril 2026

Les bonnes pratiques à adopter dans la salle de lavage en cinq questions

Rédigé par Caroline Gagné, ROBVQ

Avez-vous déjà pensé à l’im­pact de vos bras­sées de lavage sur nos ressources en eau? Entre les litres consom­més, l’éner­gie employée et les micro­plas­tiques libé­rés, nos acti­vi­tés dans la salle de lavage sont loin d’être anodines pour nos cours d’eau. Bonne nouvelle : quelques choix simples peuvent faire une vraie diffé­rence, et ce, sans compliquer notre quoti­dien. Voici donc cinq ques­tions à se poser pour allé­ger notre empreinte et proté­ger la qualité de l’eau, une bras­sée à la fois.

Quel déter­gent à lessive utili­ser?

Plusieurs déter­gents à lessive commer­ciaux contiennent des parfums, des solvants et autres produits chimiques nuisibles à nos ressources hydriques. Plusieurs compa­gnies québé­coises offrent des alter­na­tives plus écolo­giques: Atti­tude, Biovert et The Unscen­ted Company étant certai­ne­ment les plus connues. Pour faire votre choix, vous pouvez aussi recher­cher les écoétiquettes de confiance, dont Ecocert, EWGVe­ri­fied et EcoLogo.

Vous avez une épice­rie zéro déchet près de chez-vous? N’hé­si­tez pas à vous y procu­rer votre savon à lessive. Vous évite­rez ainsi d’en­cou­ra­ger la fabri­ca­tion de bouteilles de plas­tique qui sont issues de l’in­dus­trie pétro­lière et qui terminent malheu­reu­se­ment souvent leur vie dans la nature.

Encore mieux, fabriquez vous-même votre produit à base de savon de Castille, de savon de Marseille ou de savon noir. Vous trou­ve­rez faci­le­ment des recettes sur Inter­net. En voici trois :

Quel assou­plis­sant utili­ser?

Pour assou­plir les tissus, la meilleure option est sans contre­dit le vinaigre blanc. Versez-en ½ tasse à une tasse dans le compar­ti­ment assou­plis­sant de la laveuse. Celui-ci élimi­nera les rési­dus de savon et le calcaire, rendant le linge doux et votre machine propre. N’ayez crainte, les tissus ne garde­ront aucune odeur désa­gréable. Si vous souhai­tez parfu­mer vos vête­ments, ajou­tez quelques gouttes de votre huile essen­tielle préfé­rée.

Est-il préfé­rable de laver nos vête­ments à l’eau froide ou à l’eau chaude?

Lavez vos vête­ments à l’eau froide. L’eau chaude, en plus d’être éner­gi­vore, favo­­ri­se le déta­che­ment des micro­­fibres, et ainsi, la disper­­sion des micro­­plas­­tiques présents dans les tissus synthé­tiques qui se retrouvent, en fin de course, dans nos cours d’eau.

Voici d’autres actions à poser pour réduire les micro­plas­tiques :

  • Instal­­lez un filtre Lint LUV-R sur votre machine à laver. En France, depuis janvier 2025, les filtres à micro­plas­tiques sont obli­ga­toi­re­ment instal­lés sur les nouvelles laveuses. Inspi­rant!
  • Lavez vos vête­­ments synthé­­tiques dans un sac de lavage anti-micro­­plas­­tiques.
  • Préfé­­rez le séchage à l’air libre. Le séchage libè­re 40 fois plus de micro­­fibres que le lavage!

Si, pour une raison ou une autre, vous tenez à laver vos vête­ments à l’eau chaude, faites le rinçage à l’eau froide.

Quels élec­tro­mé­na­gers choi­sir?

Il sera toujours plus écolo­gique de prolon­ger la vie de vos élec­tro­mé­na­gers que d’en ache­ter de nouveaux. Donc, entre­te­nez-les adéqua­te­ment en respec­tant les recom­man­da­tions énon­cées dans le guide du fabri­cant et faites appel à des profes­sion­nels ou profes­sion­nelles pour les répa­rer au besoin.

Vous devez abso­lu­ment les chan­ger? Privi­lé­giez des élec­tro­mé­na­gers à haute effi­ca­cité affi­chant le logo Energy Star. Les laveuses à char­ge­ment fron­tal sont aussi un meilleur choix, car elles utilisent moins d’eau et néces­sitent moins de déter­gent.

À quelle fréquence doit-on laver nos vête­ments?

C’est une ques­tion bien person­nelle et qui dépend de bien des facteurs : type de vête­ments, acti­vi­tés pratiquées avec ceux-ci, etc. Cepen­dant, ce qui est certain, c’est que des lavages trop fréquents augmentent l’im­pact sur nos plans d’eau, fait grim­per la consom­ma­tion d’élec­tri­cité et réduit la durée de vie des vête­ments.

Nous avons donc tout inté­rêt à perdre le réflexe de mettre machi­na­le­ment tous nos vête­ments au lavage en fin de jour­née. Si nos bas et nos sous-vête­ments iront auto­ma­tique­ment dans le panier de linge sale, ce tricot exempt de taches et porté par-dessus un t-shirt pourra certai­ne­ment rega­gner sa place dans notre tiroir.

Fina­le­ment, il est préfé­rable d’at­tendre d’avoir suffi­sam­ment de vête­ments à laver pour lancer un cycle de lavage. Les demi-charges consomment moins d’eau, mais tout autant d’élec­tri­cité.

Sur ce, bonne bras­sée!

Cet article a été écrit dans le cadre de la campagne de sensi­­­­­­bi­­­­­­li­­­­­­sa­­­­­­tion Pensez Bleu menée par Réseau Envi­­ron­­ne­­ment de concert avec le Centre d’in­­­­­­ter­­­­­­pré­­­­­­ta­­­­­­tion de l’eau (C.I.EAU) et le Regrou­­­­­­pe­­­­­­ment des orga­­­­­­nismes de bassins versants du Québec (ROBVQ) et financé par le gouver­­­­­­ne­­­­­­ment du Québec.

Photo: Ekate­rina Pokrovsky, Shut­ter­stock.com